lundi 23 mars 2020

Pandémie: on a tout un monde à (re)-bâtir. Revenu de citoyenneté (Texte #3)


« Nous faisons face à un virus qui n’avait jamais été détecté chez l’humain il y a à peine 6 mois. Il a maintenant été dépisté dans 173/195 pays et nous avons confirmé plus de 375,000 cas et 16,000 décès en date du 23 mars 2020. (800,000 cas et 40,000 décès 8 jours plus tard)
Ne pas éradiquer le virus implique qu’il peut revenir partout sur la planète en moins de 6 mois : Il vient de le faire, il pourra le refaire. C’est ce qu’il faut surtout comprendre. C’est sérieux.
Pour résumer la situation : Nous ne voulons pas vivre ça chaque année et c’est pourquoi les efforts des prochains mois sont importants et le sacrifice des prochaines semaines et années sont essentiels.
MERCI de suivre les mesures de sécurité proposées par les autorités de santé publique. Ayons confiance aux autorités sanitaires et restons quotidiennement informés sur les nouvelles recommandations du jour. C’est notre devoir de citoyens et citoyennes. »

*Avant de lire cet article de blog, je vous invite à commencer par lire le « Texte #1 » (et suivants) pour la mise en contexte.

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On pouvait s’attendre à ce que le premier thème abordé dans cette série soit celui des services de santé et de gestion de crise de l’État. Mais non. Je laisse ça aux experts : ils font de leur mieux dans cette situation inédite et nouvelle. Ils testent les théories de gestion de pandémie dans la pratique en visant les meilleurs résultats. Je suis rassuré de voir que nos gouvernements font passer la santé avant l'économie. Mais l'économie est aussi ce qui permet à plusieurs de nourrir leur famille: tout le monde n'es pas producteur d'aliments.

Aujourd’hui, je veux qu’on réfléchisse sur le revenu de citoyenneté (ou « revenu minimal garantit » : ces deux concepts sont légèrement différents mais l’intention derrière les deux est la même).
Le principe de base de ce revenu (plusieurs versions existent concernant l'éligibilité: gardons ça simple): Toutes les personnes vivant au pays reçoivent un revenu chaque mois, sans discrimination, et on en rembourse une partie plus ou moins grande au moment de payer nos impôts à la fin de l'année, selon notre revenu annuel.
Ce revenu remplacerait les deux programmes actuels dont notre société s’est doté pour garantir un revenu aux familles : L’assurance sociale et l’assurance emploi. 
Certaines personnes ont ramené l'idée du revenu de citoyenneté dans le débat public cette semaine en disant que ça aurait permis de soutenir l’économie pendant la crise. 
Oui. Ça aurait permis ça. Bien sûr.
En attendant, des mesures d'urgences ont été mises en place par nos gouvernements (de façon temporaire) pour assurer un revenu aux familles qui en ont besoin. C'est vraiment mieux que rien.
La paix sociale sera plus facile à maintenir si tout le monde peut manger à court terme.

Pour ma part, j’adopterai l’angle du revenu de citoyenneté comme outil de santé publique. L’économie nationale attendra son tour.

Selon moi, les inégalités sociales créent un risque sanitaire pour l’ensemble des citoyens.
Observons la situation et simplifions-la à l’extrême afin de comprendre pourquoi et comment.

Cas fictif (j’ai la chance d’être bien entouré) :
    • On l’appelle Ben : 40 ans, deux enfants. 
    • La semaine dernière, il a perdu son nouvel emploi dans une boutique de vélos.
    • Ben n’a pas d’économies ni un réseau d’entraide en mesure de le soutenir financièrement pendant les prochaines semaines.
    • Nous sommes le 23 mars 2020 à Granby.
    • Ben doit nourrir sa famille.
Des « Ben », il y en a beaucoup plus qu’on pense. 
Plus d'un million de demandes de chômage au Canada depuis le début du confinement. 
On devine la présence de plusieurs « Ben » dans le lot.

En attendant les programmes d’aide gouvernementaux qui sont en train de s’organiser, Ben n’a pas les moyens de payer l’épicerie de la semaine. 
Il doit trouver de l’argent et que sa famille puisse manger dans les prochains jours.

Par chance pour lui et pour sa famille, il est habile de ses mains et décide d’offrir ses services pour faire des petites rénovations chez les gens de son quartier. Il passe une annonce sur les réseaux sociaux et il trouve 4-5 contrats. Il réussit à subvenir aux besoins de sa famille.
Selon le regard de chacun:
1- À première vue, une histoire qui finit bien.
2- Ben est un irresponsable.

Comme l’argent entre au compte-goutte, un peu tous les jours, l’épicerie se fait au quotidien car il n’y avait pas de réserves dans le garde-manger de Ben… ni dans son compte en banque. Ben sort beaucoup plus qu'on aimerait.

Un de ses clients de peinture, paraissant pourtant en pleine forme, était un porteur asymptomatique du virus.
Ben est devenu porteur.
Sa famille est devenue porteuse.
Ses autres clients et clientes, parmi lesquels des personnes âgées, sont devenus porteurs et porteuses.
Le virus a été amené plusieurs fois au supermarché…
Voilà. On comprend le principe.

Si Ben n’avait pas eu à aller travailler : des dizaines de cas auraient pu être évités. Et on aurait sauvé une ou deux vies. Ou 10? Ou 20? Impossible à dire.
Avoir été dans la situation de Ben, j’aurais probablement agis de la même façon en étant le plus prudent possible (bien sûr).
Individuellement, en temps de crise, s’assurer de nourrir sa famille devient LA priorité.
On n’a pas le droit de lui en vouloir personnellement.

C’est collectivement que nous devons mettre en place un filet social permettant d’éviter que des gens aient à prendre ce genre de décisions. 

La question est donc la suivante :
Combien de cas comme celui de Ben pourrait-on éviter avec un revenu de citoyenneté?
Je ne saurais dire exactement : le nombre n’est pas important. 
L’important est de comprendre que ce filet social est une assurance pour nous tous. 
De comprendre que, en aidant Ben, on se donne collectivement plus de chances de contrôler l’expansion de la prochaine épidémie.

Je vous invite à faire vos recherches sur le sujet du revenu de citoyenneté : les avantages d’un tel outil sont nombreux. C’est, entre autres, un outil favorisant l’égalité : TOUTES les personnes l’auraient et ensuite ce serait à chacun de décider de combien de revenu supplémentaire sa famille a envie d’avoir accès.
Fini les préjugés? Peut-être pas... mais il y en aura un peu moins.

Aujourd’hui, je ne voulais que vous démontrer que ce revenu minimum garantit peut être aussi un outil de santé publique.

Le prochain sujet? 
Probablement la décroissance économique... mais peut-être pas! 
Je suis aussi tenté de vous parler de mon amour pour le jardinage...
Bah... je ferai peut-être les deux!
P.S.
** En attendant la mise en place d’un revenu de citoyenneté, il serait indiqué de ne pas utiliser l’argent des taxes pour la transférer aux propriétaires immobiliers : il faudrait plutôt suspendre les paiements des hypothèques et des loyers afin que les gens puissent tous pouvoir mettre leur alimentation en priorité.
Les banques sont riches, 50 milliards de profits l'an dernier au Canada. Exigeons-leur de faire leur part en suspendant ces paiements.
L’électricité et les services de communication devront peut-être également offrir la possibilité de suspendre ou reporter les paiements tout en offrant une réduction de tarifs. Ce sont des services essentiels.
Nous avons les moyens de faire ça: c'est une question de volonté politique.

Suite, texte#4

dimanche 22 mars 2020

Pandémie: on a tout un monde à (re)-bâtir. (Texte #2)


« Nous faisons face à un virus qui n’avait jamais été détecté chez l’humain il y a à peine 6 mois. Il a maintenant été dépisté dans 172/195 pays et nous avons confirmé plus de 340,000 cas et 14,500 décès en date du 21 mars 2020. (800,000 cas et 40,000 décès 10 jours plus tard)
Ne pas éradiquer le virus implique qu’il peut revenir partout sur la planète en moins de 6 mois : Il vient de le faire, il pourra le refaire. C’est ce qu’il faut surtout comprendre. C’est sérieux.
Pour résumer la situation : Nous ne voulons pas vivre ça chaque année et c’est pourquoi les efforts des prochains mois sont importants et le sacrifice des prochaines semaines et années sont essentiels.
MERCI de suivre les mesures de sécurité proposées par les autorités de santé publique. Ayons confiance aux autorités sanitaires et restons quotidiennement informés sur les nouvelles recommandations du jour. C’est notre devoir de citoyens et citoyennes. »

*Avant de lire cet article de blog, je vous invite à lire le « Texte #1 » pour la mise en contexte.


Bonjour à toutes et à tous,

Ce court texte du jour vise à annoncer quelques sujets sur lesquels nous pourrons réfléchir ensemble lors des prochaines semaines. Pour l’instant, je publierai sur mon blog personnel (ici). Si toutefois vous croyez que ces réflexions valent la peine et que vous avez des plateformes de diffusion à me proposer, je crois qu’il serait pertinent de faire ces réflexions tous ensemble et le plus inclusivement possible. Dans cette même logique, sur demande ou si l'évolution de la situation l'exige, il me fera plaisir d'approfondir certains sujets.

La liste d’idées de propositions devrait évoluer au rythme de l’évolution de la situation. L’ordre de présentation n’est pas figé et nous reviendrons peut-être modifier des textes déjà publiés lorsque de nouvelles informations surgiront.

Voici un premier jet.

Tout d’abord, je voudrais commencer en disant que, pour les lecteurs ne me connaissant pas personnellement, j’ai passé près de la moitié des 10 dernières années en Amérique latine. C’était mon mode de vie.
Ma première prise de position m’affecte directement ainsi que plusieurs personnes de mon cercle d’ami rapproché :  
Il faudra considérer un meilleur contrôle de tous les voyages internationaux durant quelques années.
Ce sont les voyageurs qui propagent les virus, et, il faut aussi dire que, par la même occasion, il y aura un bénéfice environnemental intéressant : Moins de voyages = moins de pollution.

Au cours des prochains jours, nous poursuivrons la réflexion avec les solutions possibles pour contrer le non-respect des consignes de distanciation physique ("physique" car, socialement, nous sommes plus unis que jamais!) dans l’avenir, ça me semble être une priorité :

1-     À court/moyen terme :
a.      Pour assurer la possibilité pour toutes et pour tous de faire face à ses obligations financières en tout temps : Devrait-on mettre en place rapidement un revenu de citoyenneté universel? (Le fait d'avoir des paiements à faire affecte la capacité de plusieurs personnes à rester à la maison comme le demandent les autorités de santé publique: Les gens doivent travailler pour payer l'épicerie. La mesure temporaire est essentielle à court terme mais il faut songer à des mesures efficaces de façon permanente et être prêts en cas d'autres vagues épidémiques)
b.      Au niveau national, il faut appliquer des stratégies pour améliorer l’autosuffisance alimentaire ainsi que la production des biens et services essentiels. Nous nous devons de réduire le pourcentage de nos besoins de bases qui sont comblés par l’importation. S'il fallait que nos fournisseurs d'aliments étrangers doivent garder leur production pour les besoins de leurs propres populations, notre sécurité alimentaire serait en jeu. Une "famine" pourrait nous guetter au Canada.

2-     À moyen/long terme :
a.      L’éducation : Il faut que les jeunes s’intéressent aux sciences. Comprendre le fonctionnement de la propagation d’un virus et savoir interpréter la courbe épidémiologique sont des connaissances favorisant un respect des consignes visant la non-propagation de maladies. Si on comprend le discours des experts, on a plus de chances d'en saisir l'importance. (Ça aiderait que les journalistes reçoivent un cours de statistique intensif.)
b.      Il faut redéfinir notre rapport à la mondialisation des marchés et réorienter notre économie vers les marchés locaux et nationaux… et interdire l’obsolescence programmée. (fabriquer des biens en sachant qu'ils briseront pour nous permettre de travailler plus est un cercle vicieux duquel il faut sortir) Planifier ainsi une décroissance économique mondiale nous permettra de réfléchir à une utilisation plus efficiente des ressources, à une meilleure redistribution de la richesse qui doit être priorisée plutôt que l'accroissement des profits d'une minorité. Une réduction de la semaine de travail combinée à la mise en place d'un revenu de citoyenneté permettrait une transition rapide et efficace vers une économie à échelle humaine.
c.      Nous pouvons planifier la nationalisation de certains secteurs de l’économie reliés à la santé de la population : production de matériel médical et médicaments, transport aérien, etc.
d.   Réfléchir sur le projet social: La mission et les valeurs des États-Nations.

Vous êtes invités à proposer des sujets, la réflexion ne fait que commencer.

Rendez-vous dans quelques jours pour l’approfondissement d’un des thèmes mentionnés aujourd’hui. Lequel? Surprise!

En attendant :
Respectez les consignes des autorités compétentes et passez une bonne journée.

Suite, texte#3

Les apprentissages de la pandémie (Texte #1): Parce qu’on a tout un monde à (re)-bâtir.


**Petit mot pour présenter l’auteur : Benoit Lapointe, environnementaliste dans le cœur, titulaire d’un BAC en études internationales de l’UdM et d’une Maîtrise en gestion d’entreprises coopératives et en développement des collectivités de l’UdS… ainsi que coopérant international très récemment retraité (rapatrié au Canada le 20 mars 2020).
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« Nous faisons face à un virus qui n’avait jamais été détecté chez l’humain il y a à peine 6 mois. Il a maintenant été dépisté dans 172/195 pays et nous avons confirmé plus de 300,000 cas et 13,000 décès en date du 20 mars 2020. (800,000 cas et 40,000 décès 11 jours plus tard)

Ne pas éradiquer le virus implique qu’il peut revenir partout sur la planète en moins de 6 mois : Il vient de le faire, il pourra le refaire. C’est ce qu’il faut surtout comprendre. C’est sérieux.

Pour résumer la situation : Nous ne voulons pas vivre ça chaque année et c’est pourquoi les efforts des prochains mois sont importants et le sacrifice des prochaines semaines et années sont essentiels.

MERCI de suivre les mesures de sécurité proposées par les autorités de santé publique. Ayons confiance aux autorités sanitaires et restons quotidiennement informés sur les nouvelles recommandations du jour. C’est notre devoir de citoyens et citoyennes. »
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Bonjour à toutes et à tous.

Tout d’abord, félicitations pour tous les gestes de solidarité posés depuis le début de la pandémie :
À ceux qui préparent et livrent des petits plats aux gens dans le besoin, à ceux qui aident leurs proches, à tous les gens qui offrent des services à la population : caissiers dans les commerces de premières nécessités, gens qui assurent le transport des aliments et médicaments, membres du personnel des services de santé, vous tous qui limitez au maximum vos contacts avec les autres… MERCI.

Je me propose, durant les prochaines semaines, d’écrire semi-quotidiennement une réflexion sur la crise actuelle du COVID-19.
C’est la seule façon que j’ai trouvé de contribuer de façon constructive depuis mon repaire de quarantaine obligatoire.
Parmi ces idées, il y en a que j'ai depuis longtemps et pour lesquelles je n'ai jamais trouvé ni le bon moment ni la façon de les diffuser. Je crois que "maintenant" est le bon moment.

Soyons conscients que c’est un sujet sensible. 
Sachez que je ne critiquerai jamais les mesures prises par les autorités locales, nationales et internationales. (Parce que, d'accord ou pas, nous devons toutes et tous suivre la stratégie des experts.)

D'ailleurs, notre gouvernement a décidé d’écouter les experts et de relayer leurs recommendations à la population: Soyons heureux de ça et agissons en ce sens. Je n’aimerais pas avoir à jouer ce rôle important. RESPECT.

Même si on réussissait à éradiquer ce virus, il faudra désormais être prêts à diminuer les risques de réapparition d’une telle pandémie. Pour être préparés, il ne s’agit donc pas seulement d’améliorer la réponse en situations d’urgence : si on peut apprendre à éviter le retour d’une situation aussi intense, c’est encore mieux.

Je laisserai tout l’aspect épidémiologique aux experts du domaine médical.

Pour ma part, c’est le fonctionnement des systèmes économiques et nos interactions sociales qui constituent le centre de mon angle d’approche. L’humain et l’environnement devront désormais passer avant les intérêts financiers et les désirs individuels des plus privilégiés.
Nous devons, en tant que citoyennes et citoyens, prendre notre place dans la réflexion et les décisions pour « l’après-pandémie ». Entrez dans le débat avec moi.

Dans mes publications des prochains jours, je veux proposer des idées permettant de mieux faire face à une prochaine vague épidémiologique. Nous voulons des courbes de propagation de plus en plus aplanies tout en n’ayant pas à avoir recours aux mesures exceptionnelles prises partout à travers le monde aujourd’hui. La vie ne peut pas se passer enfermés à l'intérieur parce qu'on a collectivement peur.
Pour cela, il faut probablement repenser en profondeur le fonctionnement général du monde. 

Continuer de faire comme avant tout en espérant un résultat différent : ce n’est plus une option.

Des changements structuraux à notre système d’éducation, à notre filet de sécurité sociale, à notre économie nationale et à notre positionnement dans la mondialisation de l’économie doivent être sur la table de réflexion. Ça prend des solutions globales.

Bien sûr, des changements de comportements individuels devront avoir lieu aussi sur tous ces enjeux. Le « retour à la normale » souhaité par la majorité devra être accompagné d’une nouvelle définition de ce qui est « normal ». 

Ceci dit, il y a une « bonne nouvelle » dans tout ça: Le (pourquoi "la"?) COVID-19 nous permet une pause.

Plusieurs modifications à notre mode de vie étaient difficiles ou impossibles à appliquer dans un système global en marche. Maintenant que le monde entier est « sur pause », c’est le moment de se demander quelle direction nous voulons prendre pour notre avenir. 
Nous roulions à 150 miles/h les yeux bandés et nous avons frappé un mur.

Maintenant nous sommes presque arrêtés, un peu sonnés… mais.

Les questions à se poser sont :

À quelle vitesse voulons-nous vivre notre vie à l’avenir? 
Où allons-nous à cette vitesse?
Et si l’avenir mettait la priorité sur « Ici et maintenant »?

Bref : Quel monde léguerons-nous à nos enfants?

Mes réflexions se limiteront au contexte du Québec et du Canada (c'est du moins mon intention) mais la liste des sujets est, je le crois, applicable à plusieurs autres sociétés ailleurs sur la planète. La stratégie mondiale que nous expérimentons face à la pandémie est peut-être le prélude d’un ensemble de nouvelles stratégies mondiales à mettre en place.

Les pays comprennent l’importance de la solidarité internationale en ces temps de crise. 
Cette solidarité doit devenir quotidienne, permanente.

Chacun des sujets de réflexion sera élaboré sur deux ou trois pages. 
Les gens ne liront pas de textes plus longs. On le sait.
(vous venez d'en lire presque trois, en passant!) ;-)

On se parle demain dans le Texte #2.

Continuons d'être des acteurs du bien commun en limitant encore nos contacts pour quelques semaines. 

jeudi 26 septembre 2019

Greta : Changement de paradigme (Du moins, c’est ce que j’aime croire!)


L’humain est fondamentalement solidaire malgré ce qu’on peut en penser. Donnez-nous une bonne raison de se serrer les coudes et nous le ferons. Et ensuite plusieurs iront même jusqu’à lever ce même coude pour célébrer cette solidarité. 
Du moins, c’est ce que j’aime croire.

On se sent souvent impuissants, ça oui. Et ça mous mène à l’inaction : pourquoi j’agirais si je n’ai pas d’impact, après tout! Réaction normale, non?
C’est cependant en train de changer. 
Du moins, c’est ce que j’aime croire.

Au temps de Martin Luther King Jr., les Américains se sont serrés les coudes.
Au temps de Gandhi, les Indiens se sont serrés les coudes.
Au temps de la crise du verglas, les Québécois se sont serrés les coudes.
Dans les luttes ouvrières, féministes et indigènes : les gens se sont serrés les coudes.
Quand les gens affrontent les famines, les catastrophes naturelles ou les épidémies, les humains se serrent les coudes.
On veut protéger la rivière ou la forêt du village, on se serre les coudes.
On a parfois gagné et parfois perdus. Mais on l’a souvent fait les coudes serrés!
Du moins, c’est ce que j’aime croire.

Je sais en même temps que chacune des batailles précédemment nommées avaient leurs lots de détracteurs et de gens qui disaient que ça ne servait à rien de se battre et que c’était perdu d’avance. Ça ne change pas non plus.
Vous remarquerez que tous ces combats avaient un point commun (à part le serrage de coudes!). Tous ces combats visaient d’abord et avant tout à modifier, soulager ou améliorer une situation d’injustice se vivant dans le présent : l’exploitation des ouvriers, l’iniquité pour les Femmes, les Indigènes, les Noirs, la mauvaise répartition de la richesse, les catastrophes naturelles, etc.

Il est là le changement de paradigme. Les luttes environnementales ne se passent plus seulement dans un espace physique mais également dans un horizon temporel. C’est maintenant l’avenir plutôt que le présent qui est important. Il n’y a pas d’axe Nord-Sud, pas d’axe Riche-Pauvres, pas d’axe Moi-et-l’Autre… Tout le monde a besoin d’eau et d’air.

Il est impossible de se détacher complètement des changements climatiques pour tous les jeunes de la planète. La plupart d’entre eux seront en vie en 2050.
Du moins c’est ce que j’aime croire.

Il est impossible pour quiconque de se détacher des impacts des changements climatiques à long terme. Nous connaissons tous des jeunes à qui nous souhaitons de l’eau et de l’air purs pour longtemps. 
Du moins c’est ce que j’aime croire.

Greta représente ce "nous" qui se regarde dans le miroir. Ce n'est pas elle qui souffre des conséquences des changements climatiques directement et aujourd'hui. C’est ce qui rend le mouvement actuel si fort. Si on ne fait rien, personne n’échappera aux conséquences.
Ça commence ce vendredi… et ça continuera. 
Du moins, c’est ce que j’aime croire.

vendredi 19 octobre 2018

Pas besoin d’être gelé pour en rire!


Ça me fait rire. Ça me fait rire qu’on ne soit pas encore prêts.
Ça fait deux ans qu’on le sait que ça s’en vient. Ça a été fait ailleurs. Il y a même des pays où l’on a documenté que la décriminalisation des drogues avait favorisé une baisse de la consommation et une baisse des « overdoses » (on parle ici d’autres substances : pas de surdoses de cannabis!). Tsé, la fête Nationale... depuis que je suis petit que ça sent le pot! La légalisation n'y est pour rien.

On n’est pas prêts? « Come on! »

Me semble que ça n’avait pas besoin d’être chaotique, pas besoin d’être difficile à comprendre. Y’a toutes sortes de règlements qui existent déjà et qu’on aurait pu utiliser pour que personne n’ait à se poser de questions s’il pouvait fumer son joint ici ou là. Pour faire simple, on n’aurait qu’à utiliser les règles en place concernant le tabac et l’alcool et ce serait facile à comprendre et facile à appliquer.
Ma proposition est assez simple : Pour avoir le droit de fumer un joint (ou une pipée!) à un endroit donné, il faut simplement avoir le droit d’y fumer du tabac ET de consommer de l’alcool. Me semble que ça faciliterait la vie du consommateur qui se demande s’il est permis de fumer à un certain endroit… et que ça faciliterait aussi le travail des policiers qui pourraient dire « Comme tu sais, ici tu ne peux pas fumer la cigarette et/ou ici tu ne peux pas boire de l’alcool ». Tsé, avoir une référence que tout le monde connaît parce que « nul ne peut ignorer la Loi », comme ils disent! 
Pour l’application de sanctions en cas de non-respect de la règle, on applique la plus sévère entre celle applicable pour le tabac ou pour l’alcool. Ce n’est pas parfait, mais pour la première année, il me semble, ça aurait été une façon simple de faire la transition. On s’ajusterait ensuite!

Je vous donne quelques exemples :
  • Sur la terrasse d’un bar : Je peux boire de l’alcool mais je ne peux pas fumer de cigarette. Donc, je ne peux pas fumer un joint.
  • Sur le trottoir : Je peux fumer une cigarette mais je n’ai pas le droit de boire de l’alcool. Donc, je n’ai pas le droit de fumer de marijuana.
  • Au volant de ta voiture : Tu ne peux pas boire d’alcool et tu peux fumer la cigarette. Peux-tu fumer un joint légalement : NON.
  • Sur le balcon de mon appartement : J’ai le droit de boire de l’alcool et de fumer la cigarette. Donc je peux fumer un joint.
  • Au festival de Jazz sur les sites extérieurs : On peut fumer le tabac et boire de l’alcool. C’est donc théoriquement et légalement « ok » pour le joint. 

Pourquoi nos gouvernements sentent-ils qu’il faut faire plus compliqué que ça? J'en sais rien.

Ensuite, c’est à chaque consommateur d’user de son jugement afin de favoriser un vivre-ensemble harmonieux… ce n'est pas aux autorités d'en décider. Genre : t’as le droit de fumer chez toi mais une « fête d’enfants » n’est peut-être pas le meilleur moment pour le faire à l’intérieur. On essaie déjà de ne pas se saouler dans une fête d'enfants, on suivra la même logique.

Parlant d'eux: Y’a aussi tout ce qui concerne les discussions à avoir avec nos enfants sur le sujet… Eh bien, même au temps où la substance n’était pas légale ces discussions pouvaient avoir leur place au même titre que les discussions sur l’alcool ou la sexualité. Chaque famille est différente, chaque famille fait son possible.

À suivre...

vendredi 28 septembre 2018

Élections Québec 2018: Les grands gagnants.


Il faudrait être devin pour prédire l’issue de l’élection 2018 au Québec.

Or, je ne suis pas devin. Je peux cependant vous prédire sans me tromper qui seront les grands gagnants de cette élection. Oui, oui!

Pendant longtemps, à travers les groupes de pression, les syndicats, les organismes communautaires et leurs manifestations, nous avons forcé les gouvernements à ajuster leurs politiques afin de maintenir un équilibre entre les différents intérêts économiques et sociaux de notre société. Il y a eu des gains : semaine de travail de 40 heures, salaire minimum, congés parentaux, services de santé et d’éducation publics, etc. Mais on a toujours donné le minimum nécessaire à la paix sociale alors que la société civile demande des conditions de vie digne pour tous.

Pourquoi?

C’est assez simple. On a toujours tenté, à coup de petites concessions, de maintenir une impression de « on a fait un petit pas dans la bonne direction et on continue à avancer » dans l'esprit du plus grand nombres de gens possibles (certains politiciens y croient même vraiment!). Mais l'idée est de maintenir les citoyens occupés par leurs combats sans jamais vraiment leur donner pleine satisfaction. Ainsi, les privilèges des privilégiés restent relativement intacts et ils peuvent continuer d’empocher la plus grande part de la croissance économique. Les gouvernements adoptent donc leur fameux discours : « faut d’abord créer de la richesse si on veut améliorer les conditions de vie des gens ». Pendant ce temps, le PIB a plus que doublé au cours des 40 dernières années... et les 10% de mieux nantis se sont accaparés plus de la moitié de cette richesse.

Qu’est-ce qui va changer après cette élection?

En fait j’aurais dû demander : Pourquoi la volonté populaire n’a pas eu plus d’impact à ce jour?

La réalité est que, tant qu’une alternative politique ne menaçait pas les Partis en place, il n’y avait rien à craindre pour ces Partis. On donnait aux gens de quoi les maintenir relativement tranquilles et on savait qu’ils n’avaient d’autres choix que d’essayer de choisir le « moins pire » à la prochaine élection. Que les règles en place se maintiendraient et que l’équilibre social allait toujours continuer de favoriser les mêmes gagnants. 
Et ne nous mentons pas, si on se compare : « Il fait bon vivre au Québec ».

L’arrivée de Québec Solidaire en tant qu’option possible change la donne.

Peu importe le nombre d’élus solidaires le 1er octobre, je me permets déjà d’annoncer que les citoyens sortent déjà gagnants de cette campagne électorale. Les politiciens de carrière savent maintenant qu’ils devront s'améliorer afin de pouvoir compter sur des votes qui leurs étaient auparavant acquis, faute de mieux. On devrait donc les voir ramener l’équilibre social vers un bénéfice plus grand pour le plus grand nombre. C’est déjà commencé : Les promesses des autres Partis, en cours de campagne, se sont ajustées au discours de QS, se sont déjà rapprochées des vraies préoccupations des citoyens. Et ça, déjà : C’est une grande victoire pour le Québec!

Et s’ils ne tenaient pas parole? On saura pour qui voter majoritairement la prochaine fois!
Pour l’instant, savoir qui sera au pouvoir m’importe peu : C’est de voir naître un désir de justice sociale et une préoccupation environnementale chez la population qui me fait du bien. C’est de rêver que le prochain Gouvernement aura entendu le message. 
C’est de me dire qu’au pire, on aura compris dans 4 ans.

dimanche 18 février 2018

Le temps d'une conscience sans frontières.

Dans ma cours arrière, à Estelí, au Nicaragua, y’a des millions de fourmis qui font la file et qui transportent des feuilles toute la journée (Saviez-vous que la somme du poids des fourmis représente environ 15% du poids du total de toutes les espèces animales présentes sur la planète!?). Leur travail m’hypnotise et je divague dans mes pensées. Je pense à toutes les fois que je m’emporte dans des débats (utiles ou inutiles) sur les réseaux sociaux, je précise mes opinions, j’essaie de trouver comment mieux les communiquer.

Dernièrement, je suis beaucoup intervenu sur des questions de sport professionnel. Le salaire des joueurs me choque. Bien sûr, il y a sur notre petite (ou grande) planète des sujets beaucoup plus importants : la guerre, l’environnement, la justice sociale, la colonisation, etc. J’en suis arrivé à me demander : Mais pourquoi ça me choque tellement? Je vais tenter ici de préciser mes positions.

Je crois que ce qui me choque c’est qu’on accepte cette réalité. On ne réalise pas qu’au bout du compte c’est nous qui payons. Les ressources sont limitées sur la planète et, si certains ont les poches trop pleines c’est qu’il y en a qui ont les poches trop vides. Je vais simplifier dans le cas du sport. Directement : On paye pour la télé câblée et les télédiffuseurs paient des droits de diffusion aux équipes professionnelles. Indirectement : Chaque fois qu’on achète un produit, une partie du prix sert à payer les commandites et la publicité diffusée lors des parties. Cet argent suit son chemin vers les poches des équipes. Donc : on paye ces millionnaires qu’on le veuille ou non.  Ce n’est pas un marché parallèle à l’économie.

On peut aimer regarder le sport (sauf peut-être le Canadien cette année!) mais on n’a pas à accepter qu’un hockeyeur gagne en une période ce qu’on gagne en une année.
Mais comme me le rappelle mon ami Denis : La guerre c’est pire.

En effet. Mais… la guerre, on ne la voit pas au Québec ou en occident. C’est une réalité invisible qui ne nous touche pas directement. Même chose pour les conditions de travail et les impacts environnementaux de nos industries présentes dans les pays du Sud. Ce n’est pas directement notre réalité. On n’accepterait pas que ça se passe chez nous mais tant que c’est ailleurs… on vit relativement bien avec ça.

Il y a quelques années, une usine au Bengladesh s’était écroulée. Parmi les nombreuses victimes : des enfants. On disait : On boycott les produits de ces usines. Qui regarde les étiquettes de ces produits aujourd’hui?

On diffuse aussi largement les impacts environnementaux de la production d’huile de palme. Qui lit les ingrédients et s’empêche d’acheter une boîte de biscuits en spécial?

On a tous nos contradictions. J’écris ce texte sur un ordinateur qui contient différents types de métaux extraits par des enfants quelque part sur la planète. Je n’ai pas de leçons à donner. Oops!

L’an dernier, je prenais l’autobus chaque jour avec des travailleurs de la zone franche du Nicaragua. Une zone franche, c’est un espace qu’un pays cède à des entreprises étrangères en leur disant plus ou moins « ici, nos lois ne s’appliquent pas : faites vos affaires et ne nous faites pas la guerre » (tiens, on revient à un sujet important pour vrai : la paix!). Normes du travail et normes environnementales TRÈS flexibles afin d’accommoder des intérêts étrangers. Une forme d’esclavagisme moderne, quoi. Il y a 2 ans, je suis aussi allé « célébrer » un enterrement de vie de garçon avec des amis dans la zone franche de Bogotá (je ne savais pas avant d’y aller) et je me suis retrouvé dans un « bar de danseuses / Bordel » : Même les normes sur les droits humains ne s’appliquent pas dans ces zones! Mais nos entreprises y font des profits astronomiques et ça fait grimper la valeur de nos fonds de pensions. Les chiffres ne décrivent pas les impacts sur la réalité des populations : On ne fait que parler de données macroéconomiques et de rentabilité. Parce que, une fois à la retraite, il ne faudrait surtout pas que notre niveau de vie soit affecté, hein? On aime mieux fermer les yeux sur le niveau de vie des gens qui travaillent à notre place dans des conditions de misère pour nous permettre de bien vivre. Travailler pour payer indirectement les joueurs de hockey me frustre: Imaginez comment se sentiraient ces travailleurs s'ils savaient qu'ils financent nos retraites! Ce qu'on sait pas ne fait pas mal?

Ceci dit, je suis aussi le débat sur les médecins et l’ensemble du personnel des hôpitaux au Québec et il me semble que c’est la même situation. Les plus riches voient leur salaire augmenter alors que leurs « subalternes » sont de plus en plus confrontés à des conditions de travail inacceptables. Et je félicite les citoyens qui dénoncent cette situation. Et je félicite les médecins qui disent : « Je n’ai pas besoin de plus d’argent et j’aimerais que les hôpitaux fonctionnent mieux ». On est capable de voir ça car on a tous affaire avec le système de santé, on a souvent un parent qui travaille dans le domaine de la santé, on aimerait tous que nos taxes soient gérées de façon plus optimale. Ça nous choque tellement!
C’est un début de prise de conscience, de prise de position et de refus de l’injustice. Reste à faire déborder cette conscience de nos frontières.

L’exemple du sport professionnel, je l’ai pris parce que c’est aussi quelque chose auquel on est confronté tous les jours. On l’a dans la face et on l’accepte. Je crois aussi que, tant qu’on continuera d’être content pour les joueurs qui décrochent le gros lot (ou tant qu’on aimerait être à leur place, par jalousie), il sera impossible de faire évoluer les valeurs des gens vers la prise de conscience des réalités des guerres, de la pauvreté et de l’exploitation des pays du Sud et des populations autochtones. Si on accepte les injustices dont on est quotidiennement témoin, comment peut-on développer une empathie qui dépasse les frontières de l’occident?

C’est pour ça, cher ami Denis, que je m’attaque au sport : ça représente la pointe (sans mauvais jeu de mot avec mon nom de famille!) de l’iceberg!

Tout le monde est Charlie (même si 95% des gens n’avaient aucune idée de l’existence de Charlie et surtout du type de contenu qui y était diffusé) mais personne n’est Sud-Soudan… parce que les médias ne nous disent pas qu’il faut être solidaire et nos pays n’ont pas encore d’intérêts commerciaux dans cette région… (encore des points de suspensions!)… et parce que la vie d’un occidental vaut bien plus que la vie d’un Africain : c’est bien connu! Pensez-y: Ce qu'on ne voudrait pas pour nos enfants, il ne faut pas l'accepter pour les enfants des autres.

Il est temps de penser par nous-même...

Comme disait Freire : « Pour libérer l’opprimé, il faut aussi libérer l’oppresseur. »

Invitation à la réflexion… (et à l’action!)